Décès de Koichi Tohei Sensei
Sensei Koichi Tohei est
né en
1920 à Shitaya (Taito actuellement) Tokyo. Il est
décédé le 21 Mai 2011, dans sa
retraite à
l’âge de 91 ans.
Je souhaite rendre ici hommage à un homme qui a
marqué et
marque encore cette merveilleuse discipline universelle
qu’est
l’AIKIDO.
Un Maître disparaît et c’est un Univers
qui s’écroule.
Sa disparition est passée pour ainsi dire
inaperçue hors
les sphères spécialisées et ses
élèves. Depuis mon enfance et en dehors de mon
Maître DANG THONG TRI
au sein de la TENSHINKAI du Vietnam, l’Aïkido
AIKIKAI avait pour moi certains visages :
Morihei Ueshiba et
son fils
Kisshomaru,
Nobuyoshi Tamura,
Mutsuro Nakazono,
André Nocquet,
Tadashi Abe,
Masamichi Noro
et
Koichi Tohei.
Très bon judoka, il fut gravement blessé lors
d’une
mauvaise chute en entraînement qui provoqua une
pleurésie.
Interdiction de pratiquer une activité sportive sous peine
de
mourir. Il se mit à lire des ouvrages sur la
métaphysique, la religion, la méditation. Ayant
parcouru
de nombreux ouvrages, un livre en particulier attira son attention :
« Propos de mon Maître » par Tsuju Ogura,
relatant la
philosophie de
Yamaoka
Tesshu. Plus tard, il fut très
influencé par
Tenpu
Nakamura.
Un dojo suivant encore l’enseignement de Yamaoka Tesshu, il y
adhère et après force de volonté, peut
pratiquer
à nouveau le judo. Mais cela ne lui suffit plus. Un de ses
instructeurs en Judo le recommande auprès de Morihei
Ueshiba.
Après quelques mois, il accompagnait Maître
UESHIBA dans
tous ses déplacements et enseignait même en son
nom !
Après la guerre, il reprend
l’entraînement avec
Ueshiba et recoit son 6ème Dan à Iwama. En 1960,
il est
9ème Dan et il est nommé chef instructeur
à
l’Aikikai Honbu Dojo. En 1969, il fut nommé
10ème
Dan par Ueshiba après avoir refusé une
première
fois. En 1970, l’Aikikai certifie son grade.
Il fonde du SHIN SHIN
TOITSU AIKIDO et
la KY Society. Courant minoritaire, mais courant tout de
même.
Homme controversé, le plus puissant des
élèves de
Morihei Ueshiba le plus critiqué, par ses amis comme par ses
ennemis, le moins tendre avec son propre Maître, il restera
imbattable sur les tatamis.
On peut rester incrédule face à son travail,
surtout dans
ses dernières années où il ne pouvait
même
plus marcher, parlant de la « complaisance » des
partenaires. Je pourrai le comprendre venant de quelqu’un
d’autre que lui. Mais j’ai vu trop de choses
«
inexplicables » dans ma vie pour ne pas croire en cette force
qui
était en lui. Et à tout bien
réfléchir,
n’est ce pas le but ? Efficacité dans la non
opposition ?
Une « finesse » de travail à la fin de
sa vie
…. J’espère seulement y parvenir.